Dans ma garrigue il y a du soleil, des amis, une petite tornade, un guide spirituel, un jardin, des coups de gueule et du bonheur...

lundi 14 mars 2011

Un vilain petit canard en chacun de nous...

Comme beaucoup de personnes, je suis allée au cinéma voir Black Swan le dernier chef-d'oeuvre d' Aronofsky. Je ne peux pas dire que j'ai adoré tant mes émotions me dépassaient en sortant de la salle obscure...J'ai été bluffée, totalement emportée par une vague déferlante d'émotions puissantes. J'ai souvent eu l'impression que le film me renvoyait une part de moi-même...Est-ce cela le génie et le talent ? Black Swan fait partie de ces claques de cinéma que je me suis prises en pleine tronche (comme Into the wild ou La vie est belle ). J'ai encore du mal aujourd'hui à définir les éléments qui ont permis de me mettre dans cet état...

D'abord, parce que Nina me ressemble (oui, je suis loin d'avoir la ligne svelte ni le talent de ballerine de Natalie Portman mais bon...). C'est quelqu'un d'extrêmement sensible et ses émotions sont à fleur de peau...tout en étant déterminée. Sa destructrice quête de la perfection m'a ébranlée. Elle m'a rappelé à quel point chercher à être parfait et ne pas accepter ses faiblesses est nocif et carrément dangereux...Il n'empêche, ne vit-on pas dans une société qui ne laisse justement PAS la place à la moindre faiblesse ???



Alors oui, Sartre disait "L'enfer c'est les autres"... Pourtant, je n'irais pas jusque là. Le film montre bien aussi à quel point le pire ennemi que l'on puisse parfois affronter c'est soi-même. Et là, on bascule tout de suite dans une autre dimension (la 4ème, David Vincent, es-tu parmi nous???). Vers la fin de la séance, j'ai été assez surprise de la tournure délirante que prenait le film....du fantastique fantasmagorique.

Tellement surréaliste qu'on se croyait dans un film de Buñuel !!! J'ai eu un mouvement de recul critique: "Mais dans quoi il nous embarque?" que je me suis dit...Finalement, j'ai compris et j'ai trouvé tout ça plutôt cohérent...ça collait à un cauchemar....j'ai pensé à la scène d'anthologie de Blanche Neige et les Sept nains (oui, je sais, ma culture éblouit une fois de plus!). Celle où le chasseur n'a pu se résoudre à tuer la jeune princesse....elle s'enfuit dans une forêt fantasmagorique...les arbres prennent vie et deviennent monstrueux.


J'ai aimé ce film parce qu'il donnait corps aux peurs qui nous habitent...il donnait corps à ce double négatif que l'on porte en chacun de nous...et qui peut nous détruire tant qu'on n'accepte pas de vivre avec lui et de l'apprivoiser. Ce double c'est aussi celui des pulsions, des envies, des désirs que la société et l'éducation nous imposent parfois quitte à nous étouffer profondément. Quand ça sort, ça fait franchement mal et ça déstabilise autour de soi. Mais point d'équilibre possible, à mon sens, si cette lutte préalable avec notre Moi lisse et sociable n'a pas eu lieu.
Gulp...on a tous parfois l'impression de ne plus RIEN maîtriser et d'être devenu le jouet du destin ...

Et je ne parle pas de la façon admirable dont est traitée la question des relations mère-fille: la rivalité ; la vieillesse de l'une, la jeunesse de l'autre ; le rêve de gloire de la mère touché du doigt et accompli par la fille; une relation dévorante et lentement destructrice, niant l'individu mais portant aux nues le jeu de miroir entre les deux femmes. Rien que sur ce point, le film résume tous les traités de psychanalyse possibles !


Pour ce qui est d'une approche purement artistique et esthétique...je me suis régalée. J'adore Tchaïkovsky et la petite fille qui est au fond de moi (pas si loin que ça) a rêvé en admirant les tutus, les pointes et les sublimes costumes du final !




2 commentaires:

  1. Aaaaaah... Je vois qu'on est encore sur la même longueur d'ondes... Pas grand-chose à jeter dans ce film, si ce n'est (ton commentaire reste d'une chasteté à l'épreuve des balles) une des scènes chaudes, je dirais par exemple celle dans le taxi. Aronofsky a tout de même du mal à ne pas trop en faire (si tu veux un autre choc visuel et dramatique, regarde "Requiem for a dream"). Sinon, pas de faute de goût, tout s'interprète, tout est cohérent, tout est à la fois émotion pure ET réflexion possible à l'issue, tant les personnages sont mouvants, pas figés (je pense notamment à la mère et au chorégraphe)... On est complètement AVEC les personnages bien que les éléments fantastiques soient nombreux (leur intégration est donc réussie). Bref, de l'humanité à 110%. Mon seul regret est qu'on n'ait pas pu partager çette expérience en même temps, à plusieurs.

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  2. Woaaaa et puis Natalie elle est trooop belle... Elle fait une pub pour un parfum où elle reprend cette attitude exquise. Nat', if you listen to me, I love ya...
    Black smack ! <3

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