Dans ma garrigue il y a du soleil, des amis, une petite tornade, un guide spirituel, un jardin, des coups de gueule et du bonheur...

lundi 14 mars 2011

Mort à la Fenice

Le roman policier, à la base, ce n'est pas trop mon truc...Vous me direz, il y a un temps pour tout. Je me souviens d'un temps (que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaîtreuuuuhh...ah non, c'est pas ça!) où je n'aimais ni Gainsbourg (!!!!) ni Star Wars (!!!). Et vlà-t-il pas qu'un jour (la fée Maturité s'est penchée sur moi je pense) ça m'a tout simplement parlé! Je crois que c'est pareil pour la lecture. Il y a des périodes dans la vie où l'on sera sensible à un univers romanesque sans saisir pourquoi un an auparavant ce n'était pas le cas.


L'histoire de ma découverte de ce roman est déjà une drôle d'anecdote, en soi. Tout le monde sait que mon QG c'est la Knac ...l'antre des bouquins, la librairie géante dans laquelle j'aime me perdre...et dire "des heures" est loin d'être une hyperbole ! J'errais donc avec délice entre les rayonnages de livres, en caressant certains du revers de la main...à ce moment-là, je touchais les romans policiers sans les lire encore. Et voilà qu'une petite vieille dame m'adresse un sourire et se met à me conseiller des tas de lectures..."Oh vous savez, le policier....très peu pour moi alors..." Mais elle n'avait pas dit son dernier mot. Elle me met ce roman dans les mains " Celui-ci, vous ne pouvez QUE l'adorer !". Et la voilà partie dans un discours dithyrambique au sujet de l'auteur Donna Leon et de son héros, le commissaire Brunetti..." ça se passe à Venise en plus !!!".


Bon, j'avoue qu'à ce stade-là, la petite mamie avait achevé de titiller ma curiosité (suffit de causer d'Italie pour que mon regard s'enflamme!)...mais comme j'avais déjà délicatement posé jeté avec boulimie un grand nombre de bouquins dans mon escarcelle, j'ai reposé le livre, repoussant mon achat à plus tard...sauf que plus tard....ce fut il y a quelques mois, puisque pendant longtemps, aucune librairie ne l'avait plus en rayon( rupture de stock). Et je me suis surprise à être sacrément frustrée.


L'histoire, en gros: Lors d'une représentation à La Fenice, à Venise....on découvre le chef d'Orchestre Wellhauer, mort. Le commissaire Brunetti est réquisitionné pour mener l'enquête...

J'ai aimé:
- Le cadre de l'action
- la personnalité de l'enquêteur (des failles, des faiblesses, des doutes et une vie de famille normale (on en sait juste ce qu'il faut et on ne s'étale pas non plus). Bref, un personnage vraisemblable
- Les jugements critiques et ironiques sur le fonctionnement social en Italie, plus précisément au sein des administrations et des mondanités de la "Jet Set". (les beaux-parents de Brunetti sont des gens over influents dans la Cité des Doges!)
- Une enquête menée à l'ancienne (ENFIN...parce que les Experts Manhattan-Miami, leurs cadavres en gros plans et leurs labos, j'en ai ma claque!) sans tomber dans le style poussiéreux à l'odeur moisie de Derrick ou Maigret...

J'ai moins aimé (mais c'est un détail) : La cohabitation entre un style plutôt simple pas trop littéraire (ça a le mérite d'être reposant) et l'emploi d'un vocabulaire parfois sacrément vieilli et ampoulé...(je pense que la traductrice/le traducteur a dû un peu fumer entre deux pages)...Ou c'est peut-être que je suis vraiment super blonde !


J'ai ainsi appris le mot "méphitique"...je vais essayer de le caser dans une discussion au boulot: "Oh quelle odeur putride émane de la cantine! ....ces miasmes méphitiques n'annoncent rien qui vaille pour le repas de midi...." prout prout ! petit doigt en l'air je vous prie, Madame la Baronne !

1 commentaire:

  1. Va pas non ? "Méphitique", c'est pas ampoulé du tout... Je l'emploie à toutes les sauces moi (mais pas celles de la cantina) !!!
    Nan, j'déconne... je préfère "bélzébuthique" (ampoulé haute consommation)...
    J'ai moi aussi (ça commence à bien faire ces points comme un) une grande méfiance quant aux polars. Or il s'avère qu'après initiation à Vargas, j'adore ! J'en conclus donc que j'aime les polars... qui n'en sont pas. Du moins, ce qui m'intéresse, ce n'est pas l'enquête en elle-même : c'est le traitement des personnages, la saveur des dialogues, le style. Et là avec Fred j'ai été servi sur un petit nuage byzantin. L'enquête ? M'en tape...
    Du coup c'est aussi pour ça que la mayonnaise (méphitique ?) n'a pas pris avec Erlendur/indridason : je me suis ennuyé ferme, car il manquait les ingrédients (diaboliques) qui me sont chers. Et puis c'est vrai que la traduction pose et posera toujours un souci.

    RépondreSupprimer